SOCIÉTÉ : LA GÉNÉALOGIE SUCCESSORALE, UN DOMAINE MÉCONNU EN CÔTE D’IVOIRE, LAURENT AUDIFREDI NOUS EN PARLE…
ETOILE D’AFRIQUE : Pouvez -vous nous parler de votre Entreprise ?
Laurent AUDIFREDI :
Notre activité est une activité de Recherche d’Héritiers , en France, en Europe et dans le monde entier .
Nous sommes missionnés principalement par des Notaires , des Banques , des Avocats ,des Mairies pour rechercher des Héritiers sur toute la planète . Je fais partie du département International de l’étude de COUTOT ROEHRIG c’est-à-dire que notre spécialité ce sont les recherches dans le cadre des successions transfrontalières.
ETOILE D’AFRIQUE : Est-ce que vous avez des Représentants en Côte d’Ivoire ?
Laurent AUDIFREDI ;:
Non, nous ne sommes pas encore implantés en Côte d’Ivoire par contre nous travaillons régulièrement en Afrique, nous sommes déjà mandatés par des Notaires africains pour ensuite trouver des Héritiers dans le reste du monde. Forcément, nous sommes amenés à faire des recherches sur le sol africain. Nous nous déplaçons régulièrement en Côte d’Ivoire, au Sénégal, Madagascar, en Algérie, au Maroc…
ETOILE D’AFRIQUE : Est-ce que votre activité est facile ?
Laurent AUDIFREDI :
La quête des Héritiers est une affaire assez complexe à l’international mais c’est notre spécialité. Si un Notaire a recours à notre service, c’est parce qu’il n’a pas la connaissance des Héritiers donc il a besoin d’un expert, d’un spécialiste, de celui qui sait comment mener l’enquête.
Notre travail c’est de venir sur le terrain et traiter par nous-même les dossiers en faisant les enquêtes sur place. C’est la grande force de Coutot Roehrig : traiter de A à Z les missions que l’on nous confie. Notre travail par exemple c’est de trouver une porte d’entrée dans le dossier, un début de piste, par exemple le village d’origine de la famille et venir investiguer localement en questionnant des notables locaux, le Chef du village par exemple qui ensuite nous met en relation avec d’autres interlocuteurs , ce qui nous amènera à la fin à rédiger un tableau généalogique. Les témoignages issus de l’enquête sont importants dans notre métier, nous devons les compiler et nous appuyer dessus mais ils doivent toujours être confirmés par les documents juridiques, les documents d’état civil. Nous les obtenons avec le concours des héritiers. Ils certifient les filiations, toutes les filiations qui amènent de l’héritier au défunt originel de la succession. Notre expérience de plusieurs années maintenant nous permet d’être rigoureux et pointilleux sur la validité des actes que l’on nous communique.
ETOILE D’AFRIQUE : Est qu’il y a une différence concernant la succession entre l’Europe et l’Afrique ?
Laurent AUDIFREDI :
Oui, il y a une différence, plusieurs même. Si nous restons sur la recherche généalogique, en Europe, nous sommes plutôt coutumiers du papier c’est à dire que l’on se fie à la source dite objective du papier. Il y a des centres d’archives dans lesquels on peut faire des recherches dans un premier temps par nos propres moyens.
Dans un second temps , on peut obtenir des témoignages , une fois que les héritiers ont été contactés pour venir confirmer nos recherches.
En Afrique , on procède différemment, on lance quelques pistes à distance mais généralement on se déplace sur le terrain et on va justement recueillir les témoignages dans le cadre d’une véritable enquête.
Les premières sources , les premières informations qu’on obtient sont via les témoignages de différents membres de la famille ou de proches qui auraient connu la famille et le défunt et qui pourraient nous mettre en lien avec les héritiers. Dans un second temps, nous obtenons les documents juridiques qui viennent justifier les filiations. La méthode est donc effectivement un peu différente. Disons qu’elle est inversée.
ETOILE D’AFRIQUE : Cela fait combien d’années que vous êtes présent en AFRIQUE ?
COUTOT ROEHRIG est une Entreprise qui existe depuis 130 ans , on a célébré nos 130 ans d’existence l’année dernière sur le sol Africain précisément à Marrakech.
En Afrique , nous sommes aujourd’hui très actifs depuis au moins une quinzaine d’années, nous avons une équipe dédiée aux missions africaines. Cela représente aujourd’hui environ 20 à 25% de notre activité et c’est une activité qui est en pleine explosion.
On a eu des échanges très intéressants avec quelques Notaires Africains qui nous ont dit qu’il y a une attente, un besoin donc on est très content de participer aujourd’hui à la 18eme université du notariat africain. La question du généalogiste a été abordée lors des ateliers.
Il y a une volonté très claire de notre part de venir à la rencontre du Notariat Africain pour expliquer nos compétences, échanger, comprendre. Dans tous les cas il aura une adaptation forcément nécessaire puisqu’on ne peut pas venir importer nos méthodes françaises aux notaires africains, il faut qu’on discute, qu’on se coordonne.
Ce que je retiendrai c’est qu’il y a un vrai besoin, une demande du notariat Africain d’être assisté dans le règlement des successions pour éviter les litiges, ils ont besoin de l’intervention d’un expert dans la généalogie. C’est ce que nous sommes.
ETOILE D’AFRIQUE : Avez-vous un appel à lancer à la population Ivoirienne ?
Je pense qu’aujourd’hui le métier de généalogiste est très peu connu de la population mais il l’est un peu plus de la part des notaires de Côte d’Ivoire et du reste de l’Afrique. En ce sens, les notariats d’Afrique ont sans doute un rôle à jouer auprès de la population, un rôle de pédagogie pour expliquer tout l’intérêt de recourir à nous.
Leur hésitation tourne autour de deux questions : existe-t-il un interlocuteur qui a une solution pour les aider à certifier les dévolutions et cet interlocuteur a-t-il vraiment les moyens de travailler correctement en Afrique dès à présent ?
La réponse à ces deux questions est oui. Coutot Roehrig peut offrir une solution au notariat ivoirien et nous sommes déjà en capacité de traiter des missions de recherche d’héritiers en Afrique et ce, depuis une quinzaine d’années.
De plus, on ne demande pas au Notaire d’avancer de l’argent, nous prenons à notre charge toutes les dépenses nécessaires pour les investigations et ce n’est qu’à la fin que nous adressons une facture ou prenons nos honoraires sur l’actif de la succession en accord avec les héritiers révélés.
