LE PEUPLE DIDA IDENTITÉ HISTOIRE ET TRADITIONS
LE PEUPLE D’IDA : IDENTITÉ, HISTOIRE ET et TRADITIONS
Appartenant au grand groupe ethnique Krou, le peuple Dida habite le sud-ouest et le centre-sud de la Côte d’Ivoire, principalement dans les régions de Divo, Lakota, Guitry et Grand-Lahou.
Fort d’une population d’environ un million d’âmes divisée en plus de soixante tribus, les Dida tirent leurs origines de la côte libérienne.
Arrivés sur le littoral ivoirien vers le XIe siècle (à Sassandra et Fresco) pour pratiquer la pêche, ils se sont ensuite enfoncés dans les terres forestières pour s’adonner à la chasse et à la cueillette, partageant des ancêtres communs (les Magwé) avec les Bété.
Leur histoire est marquée par une grande capacité d’adaptation et de métissage, notamment avec les peuples lagunaires (Adioukrou, Alladjan), mais aussi par une résistance farouche à la colonisation française qui dura jusqu’en 1918.
Sur le plan culturel, les Dida se distinguent par un artisanat unique lié à la forêt : le pagne de raphia (gnigbéli-lokui) et le pagne d’écorce d’arbre battue (kôdê), autrefois utilisé pour se protéger du froid et des épines.
La figure de la femme portant le gbako (hotte traditionnelle) est le symbole emblématique de ce peuple, honoré chaque année lors du Djaka Festival. La vie sociale est rythmée par des danses traditionnelles comme l’Alloukou ou l’Agbagningnin, et par un système d’alliances interethniques sacré appelé Toupkè, qui garantit la paix et la non-agression avec des peuples voisins tels que les Abé, les Akyé etc…
Les coutumes Dida encadrent chaque étape de la vie avec précision. La naissance est une bénédiction où l’enfant peut être perçu comme la réincarnation d’un ancêtre.
Le mariage suit un protocole rigoureux impliquant un intermédiaire chargé de vérifier la moralité du futur époux avant la dot.
Enfin, le décès donne lieu au Louboutété (conseil de famille), une étape cruciale où l’on règle les dettes et les affaires du défunt pour libérer son âme du monde physique, un mois après sa disparition.
Malgré la diversité de leurs dialectes (djiboua, vatta, zikié, etc.), les Dida restent unis par ce socle de valeurs pacifiques et diplomatiques qui définit leur identité aujourd’hui
Adèle- Delphine TETI
