CÔTE D’IVOIRE : LAURENT GBAGBO DÉVOILE <<SON PACTE SOCIAL »ET TEND LA MAIN AU POUVOIR SANS LIGNE ROUGE>>
Lors d’une conférence de presse majeure tenue le jeudi 2 juillet 2026 à son cabinet d’Abidjan-Cocody (Riviera Attoban), le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a présenté son projet de « Pacte Social ». Face aux médias nationaux et internationaux, l’ancien chef de l’État ivoirien a dévoilé les contours d’un nouveau contrat entre l’État et les citoyens, tout en livrant une analyse sans concession de la situation socio-politique actuelle du pays.
Les 7 piliers du << Pacte Social >>
Présenté comme une alternative à la gouvernance actuelle et résolument axé sur la justice sociale, ce projet se décline en sept axes stratégiques fondamentaux pour transformer l’action publique :
Le pouvoir d’achat : Revaloriser les revenus face à la pauvreté galopante.
La jeunesse : Offrir des opportunités réelles d’emploi et d’insertion socio-économique.
Les femmes : Renforcer l’autonomisation financière et l’égalité des chances.
Une justice équitable : Redonner une totale indépendance aux institutions judiciaires.
Les libertés fondamentales : Garantir strictement les droits civiques et d’expression.
Un développement régional équilibré : Réduire les écarts de développement entre Abidjan et l’intérieur du pays.
Une réconciliation nationale authentique : Panser définitivement les plaies du passé.
Pour donner corps à cette vision, Laurent Gbagbo a annoncé le déploiement imminent de tournées régionales d’information et de dialogue. L’objectif est de recueillir les propositions des citoyens, des planteurs et de la diaspora afin de concevoir un Livre blanc reflétant les attentes réelles de la population.
Un dialogue ouvert avec le pouvoir << sans ligne rouge >>
Contre toute attente, l’ancien président a réaffirmé avec force sa disponibilité à dialoguer avec le président Alassane Ouattara et son gouvernement. << Je n’ai pas de ligne rouge à ne pas franchir dans un dialogue avec le pouvoir >>, a-t-il martelé.
Revenant sur l’absence du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) à la table de concertation convoquée le 22 juin par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, Laurent Gbagbo a tenu à clarifier la situation : ce choix découlait uniquement d’un manque de transparence sur l’ordre du jour, et non d’un refus de discuter.
Charge frontale contre l’appareil judiciaire
Le président du PPA-CI a profité de cette tribune pour hausser le ton contre ce qu’il qualifie d’ instrumentalisation de la justice. Qualifiant le traitement actuel des dossiers politiques de << spectacle » indigne, il a vigoureusement dénoncé l’emprisonnement des figures de l’opposition. Enjoignant les magistrats à cesser d’agir comme des « envoyés du pouvoir >>, Laurent Gbagbo a ouvertement évoqué la possibilité d’organiser une marche de protestation pacifique pour exiger la libération des détenus politiques.
Retour sur la CPI et réformes électorales
Interrogé sur le passé, l’ex-chef d’État est revenu sur sa récente correspondance adressée à la Cour pénale internationale (CPI). Il a rappelé qu’une crise implique toujours des torts partagés entre « deux camps qui se sont battus », jugeant injuste d’en faire porter la responsabilité exclusive à une seule partie.
Enfin, concernant les futures échéances électorales, Laurent Gbagbo a conclu en indiquant que le PPA-CI soumettrait ses propositions techniques relatives à la réforme de l’organe électoral au moment opportun.
Adèle- Delphine TETI ( Journaliste)
