ORIGINE ET GENÈSE DU YOUSSOUMBA : SUR LES TRACES DE FEU ALEKALÉ AHIKPA SÉBASTIEN ALLIAS BRIGHESS À KOKOU SON VILLAGE NATAL
Lors du festival WALÈ Ô DON qui s’est déroulé du 03 au 06 Septembre 2026 à Badadon, notre équipe de reportage a eu le privilège de faire la rencontre des proches de l’illustre disparu dans le village de Kokou, terre natale de feu Brighess créateur du Youssoumba au cours d’une visite de site.
Selon les dires de monsieur DIDI Jean Claude N’Guessan , madame Joséphine BEUGRÉ , ex manager de feu Brighess ainsi que de son ex épouse Amélie dont il a chanté son nom dans les années antérieures et tous habitants du village KOKOU ont fait savoir que cette ambiance unique lui a été transmise par un certain François LOKPO (surnommé beau gosse), venu lui apprendre l’art de battre la mesure et de chanter dès 1979.
Sur la plage du village, en plein jour, François LOKPO initia Brighess tout en lui prophétisant son destin :
<> .
Quelques mois plus tard, François LOKPO s’éteignait des suites d’une maladie.
Fidèle à sa promesse, dès le début des années 1980, Brighess commença à animer la place publique chaque soir, de 19h ou 20h jusqu’à tard dans la nuit. En absence d’instruments traditionnels, c’est à l’aide de simples bidons que les jeunes du village faisaient résonner la danse
Les débuts sur scène et la première sortie officielle
L’histoire du groupe s’est aussi nourrie d’anecdotes , comme celle de cette voisine souffrante qui, fatiguée par le bruit incessant des répétitions nocturnes, finit par exiger en guise de dernier vœu que cette danse soit exécutée lors de ses funérailles. C’est ainsi qu’en 1981, à Lahou kpanda, Brighess et sa troupe constituée spontanément des jeunes filles et garçons du village, avec à leurs côtés Amélie, Zogba Loué et Titi La Vraie Go effectuèrent leur toute première sortie officielle pour honorer ce serment.
S’ensuivirent des invitations dans les villages voisins, notamment à Groguida pour une sortie de bébé, puis en 1992 à Lahou kpanda, lors de la première messe d’action de grâce de l’abbé DIkÉ Casimir. Ce jour-là, malgré la présence d’une fanfare, Brighess et son groupe réussirent à enflammer le public et à voler la vedette.
La collaboration avec le groupe Aboutou et l’évolution du nom
Dans les années 1990, lors de ses déplacements pour animer des cérémonies, Brighess croisa la route du groupe Aboutou . Il devint leur mentor, leur transmettant les techniques vocales et rythmiques.
À l’origine, cette expression artistique n’avait pas encore le nom Aboutou :
1979 – 1985 : Brighess qualifiait lui-même ce style <> , parfois appelé localement « Kofy » (inauguré en 1985).
Premier album des Aboutou : Le groupe intitula son premier album « Le requin de l’ambiance ».
Consécration du nom : C’est à partir de leur deuxième album que le terme <> fut officiellement adopté et popularisé.
Un héritage de fierté pour le peuple Avikam
Pour les habitants de Kocou et pour l’ensemble du peuple Avikam, cette épopée demeure une immense source de fierté. Grâce au talent de ce fils du village, c’est toute une identité culturelle et musicale qui s’est ancrée durablement dans le patrimoine ivoirien.
NB: sur la photo d’illustration
À gauche ( sa femme Amélie, celle dont le prénom a régné dans sa chanson en côte d’ivoire, à droite madame Joséphine BEUGRÉ,celle qui fit son manager et en haut des dames monsieur DIDI Jean Claude N’Guessan, un habitant de KOKOU).
Adèle Delphine TETI ( Journaliste)
